AGNOTOLOGIE ?

Etude de la production culturelle de l'ignorance.

 

Le terme a été inventé par l'historien des sciences Robert N. Proctor en 1992, et a donné une visibilité nouvelle à un courant d'histoire des sciences, qui fait de l'ignorance elle-même un sujet d'étude.

Plutôt que de demander ce qu’est la science (question classique de l'épistémologie) ou quelles sont les conditions sociales et historiques de notre connaissance (question classique pour la sociologie et l'histoire des sciences), les ouvrages de Robert N. Proctor :

- expliquent comment et pourquoi "nous ne savons pas ce que nous ne savons pas", alors même qu’une connaissance fiable et attestée est disponible,
- détaillent les pratiques qui permettent la production culturelle de l'ignorance.
L'ignorance (qui n'est ni une fatalité, ni une conséquence nécessaire des priorités de nos programmes de recherche, ni un échec partiel du système éducatif) peut parfois résulter d’une action, être créée de toutes pièces, par des stratégies de désinformation, de censure, ou bien entretenue par des stratégies de décrédibilisation de la science, par des acteurs individuels ou collectifs, qu’il s’agisse d’Etats, de fondations ou de groupes de pression…

Il existe bel et bien une sociologie, une politique, une histoire et une géographie de l'ignorance.

 

La fabrication de l'ignorance a joué et joue encore un rôle important dans le succès de nombreuses industries, car l'ignorance, c'est le pouvoir.

 

Formuler ainsi la question ouvre des perspectives inédites dans des domaines aussi divers que les méfaits du tabac, de l’amiante, des innombrables substances cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et autres perturbateurs endocriniens servant de base à la chimie organique de synthèse.   

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Agnotologie : mode d’emploi - Mathias Girel
(Maître de conférences Ecole Normale Supérieure Paris, rue d'Ulm)
PSL Research University, USR 3608
République des Savoirs (CNRS/ENS-Collège de France)
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20161105_agnotologie_mode_emploi.pdf
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