04-07-2016

fraudes industrielles :

TOTAL (FRANCE-2000) V/S VOLKSWAGEN (USA-2015)

Les relations incestueuses entre TOTAL et l'Etat français

 

Les conséquences directes et immédiates de la fraude de TOTAL (1) ayant conduit à la catastrophe de la marée noire de l'Erika ont été infiniment plus dévastatrices pour la société civile française que celles résultant de la tricherie de VOLKSWAGEN (2) sur les niveaux d'émissions polluantes de ses moteurs diesel pour la société civile américaine. 

Malgré des similitudes initiales à l'origine de ces deux scandales environnementaux :

  • ni le déroulement des faits à partir de la découverte de la malversation,
  • ni les conséquences judiciaires pour les deux puissants groupes industriels impliqués 

ne s'avéreront finalement comparables !                                                                                            

(1) Fraude TOTAL commise fin 1999, découverte en 2001, jamais révélée au public, ne sera jamais sanctionnée

(2) Fraude VOLKSWAGEN découverte mi 2014, révélée au public fin 2015, sanctionnée en 2016  

TOTAL-Erika (France)

ne sera jamais sanctionné.

Les preuves scientifiques de la tricherie TOTAL sur la véritable nature de la cargaison de l'Erika, portées à la connaissance des autorités dès 2001 par l'investigateur indépendant Bernard Tailliez (Centre Indépendant d'Investigations & Expertises  Analytika) ont été volontairement cachées à l'opinion publique par les autorités françaises.

VOLKSWAGEN (Etats-Unis)

a déjà été sanctionné.

Les preuves scientifiques de la tricherie VOLKSWAGEN sur les émissions atmosphériques polluantes de ses moteurs diesel, portées à la connaissance des autorités en 2015 par l'investigateur indépendant Daniel Carder (West Virginia University) ont été révélées en 2016 à l'opinion publique par les autorités américaines.


Emissions Volkswagen

Rencontrez Daniel Carder, l'homme qui a découvert par hasard le scandale.

David Morgan Jeudi 24 Septembre 2015

(traduit en français par Bernard Tailliez).

http://www.independent.co.uk/news/business/news/volkswagen-emissions-meet-the-the-man-who-accidentally-discovered-the-scandal-10515626.html

L’étude à 50.000 US dollars de Carder a apporté les premières preuves de la tricherie à laquelle Volkswagen se livrait sur les tests d'émissions de ses véhicules vendus sur le territoire américain.Daniel Carder, directeur par intérim du Centre pour les carburants de remplacement, les moteurs et les émissions de l'Université de Virginie occidentale à Morgantown, (West Virginia, USA) est représenté près d’un véhicule équipé de l’appareillage de test, sur la photo ci-dessus, cliché de West Virginia University non daté, publié par l’agence Reuters.

Daniel Carder, un modeste ingénieur âgé de 45 ans aux cheveux grisonnants et vêtu d’un blue jeans, ne présente pas le profil d’un individu capable d'abattre l'une des entreprises les plus puissantes du monde.

Mais c'est peut-être ce que lui et sa petite équipe de chercheurs de l'Université de West Virginia ont accompli avec leur étude à 50.000 $ qui a fourni les premières preuves du fait que Volkswagen trichait sur les tests d'émissions de ses véhicules destinés au marché nord américain, déclenchant ainsi un scandale qui menace le leadership du constructeur automobile allemand , sa réputation et ses finances.

"Nos tests ont en quelque sorte ouvert la boîte de Pandore», dit Carder de son équipe de cinq ingénieurs et du projet de recherche qui a révélé pour les véhicules diesel VW des niveaux d’émissions sur route beaucoup plus élevés que ceux mesurés par les fonctionnaires régulateurs américains.

Les résultats de cette étude, financée par l’association sans but lucratif ICCT (Conseil international des transports propres) fin 2012 et achevée en mai 2013, ont ensuite été vérifiés par les agences US-EPA (Environmental Protection Agency) et CARB (California Air Resources Board).

L'équipe de Carder - un professeur de recherche, deux étudiants diplômés, un membre du corps professoral et lui-même – ont effectué des essais routiers autour de Los Angeles et sur la côte ouest jusqu'à Seattle dont les résultats furent si discordants qu’ils ont d'abord soupçonné un problème avec leurs propres mesures.

«La première chose que vous faites est de vous mettre en cause et de dire:« Avons-nous fait quelque chose de travers ? "Vous avez toujours tendance à vous blâmer vous-même.'' a déclaré Daniel Carder à l’agence Reuters dans une interview.

"(Nous) avons vu d'énormes écarts. Il y avait un véhicule avec 15 à 35 fois les niveaux d'émissions réglementaires et un autre avec 10 à 20 fois ces niveaux."

Malgré de telles divergences, trouver une solution ne devrait pas entraîner de changements majeurs.

"Cela pouvait être très peu de chose, a déclaré Carder, directeur par intérim du Centre pour les carburants de remplacement, les moteurs et les émissions de l'Université de Virginie de l'Ouest  à Morgantown, à environ 320 km à l'ouest de Washington dans les contreforts des Appalaches.

"Cela pouvait être simplement un changement de la stratégie d'injection du carburant au prix d’une pénalité sur le plan de la consommation de carburant pour rendre ces systèmes plus actifs, et réduire ainsi les niveaux d'émissions."

Carder dit qu'il est surpris de voir survenir un tel charivari maintenant, parce que les conclusions de son équipe ont été rendus publiques il y a près d'un an et demi.

"Nous avons effectivement présenté ces données dans un forum public et elles ont bien sûr été remises en question par Volkswagen", a déclaré Carder.

Le contrat de recherche confié par l’ICCT à l'équipe de Carder avait été déclenché par des constats semblables antérieurs, au Centre commun de recherche de la Commission européenne, qui avait observé un écart entre les résultats des tests et les performances en conditions réalistes pour les moteurs diesel européens.

Les véhicules diesel choisis pour l'étude West Virginia ont été la VW Passat, la VW Jetta et la BMW Xs.

Contrairement aux véhicules VW, Carder a déclaré que le véhicule BMW "s’est très bien comporté – au niveau, ou en-dessous, des niveaux de certification des émissions."

West Virginia University n’est pas un acteur débutant dans les techniques de pointe de mesure des émissions, après avoir contribué à créer la première technologie embarquée de mesure sur route des émissions de véhicules, il y a plus de 15 ans.

Carder appartenait à l'équipe de 15 membres de West Virginia University qui a mis au point les appareils portatifs de tests des émissions utilisés dans le cadre d'un procès datant de 1998 entre le ministère de la Justice des États-Unis et plusieurs fabricants de moteurs diesel lourds, parmi lesquels Caterpillar et Cummins Engine Co.

Ces fabricants ont dû s'acquitter d'une amende de 83,4 millions de dollars US après que les fonctionnaires fédéraux aient apporté les preuves du fait qu'ils vendaient leurs moteurs diesel de service intensif équipés de "dispositifs d'invalidation" permettant de respecter les normes d'émissions de l'EPA pendant les tests, mais dont le système de contrôle des émissions pouvait être désactivé pour la conduite normale sur route.

Lorsque la nouvelle concernant Volkswagen a rendue publique vendredi dernier, Carder a reçu des appels de certains des fabricants de moteurs diesel lourds qui faisaient partie de ce procès.

Carder a raconté : "Ils ont vu ce qui était arrivé et m’ont appelé pour dire: "Bon boulot, les gars". L’un d’eux a même dit : "Comment ont-ils pu ne pas tirer la leçon d’erreurs que nous avons commises il y a 15 ans? "

Concernant son rôle dans l’émergence du scandale actuel, Carder déclare n’avoir éprouvé aucune excitation particulière quand son équipe a pu lui confirmer que les résultats attestant de dépassements des seuils d'émissions pour les véhicules VW étaient exacts et ne résultaient pas d’erreurs de mesures.

«Il n'y avait pour nous aucune incitation à réussir ou à échouer», dit-il.

"Bien sûr, nous ne voulons pas voir quelque chose crachant les émissions et la pollution dans l'environnement. Mais nous n’avions vraiment aucun cheval dans la course, comme on dit."

Complaisance des autorités et "experts" français

Les affirmations du groupe pétrolier relatives à la véritable nature de la cargaison du pétrolier Erika ont rapidement été remises en cause par les résultats des investigations scientifiques dont le Centre indépendant Analytika avait pris l'initiative dès le mois de Janvier 2000 (compte-rendu technique détaillé dans le dossier TOTAL-Erika publié sur le site du centre Analytika).

Comme en témoigne le courrier électronique ci-dessous, Maurice Rabache (président du groupe d'experts chimie pour l'AFSSA) et tous les autres "experts" de la communauté scientifique française connaissait donc parfaitement la nature frauduleuse de la cargaison de l'Erika : des déchets pétroliers toxiques et cancérigènes formellement interdits d'exportation en vertu du "principe de proximité".